12/02/2005

La fin du peer-to-peer ?

Est-ce la fin de la musique et de la vidéo gratuite, euh pardon illégale ?  http://www.ratiatum.com/p2p.php?article=2042
Les actions légales se multiplient, les sites, les réseaux ferment.
 
Certains internautes ont pris l'habitude d'accèder à la musique et la vidéo sans payer. La plupart d'entre eux n'ont pas les moyens d'acheter tout ce qu'ils téléchargent illégalement.
Imaginons que le partage de fichier illégal cesse totalement, est-ce que les ventes de disques et de DVDs augmenteront de manière significative ? Est-ce que l'on écoutera moins de musique et regardera moins de films ?
 
Ca serait quand même bien d'avoir le contenu légal moins cher, 10 cents au lieu d'1€ pour une chanson par exemple. Le coût marginal de distribution de contenu sur Internet est quasiment nul, surtout via les technologies peer-to-peer. La baisse du prix d'un bien se traduit par une augmentation de sa demande. Est-ce fou d'oser penser que chacun à un budget "dédié" à la musique ou la vidéo, et qu'une diminution significative du prix ne se traduirait pas par une perte de revenus, mais une augmentation de consommation compensant la baisse des prix ?

On a l'impression que parfois le marché de la musique est soumis à un monopole de fait de la part des majors du disque, renforcé par l'association des fournisseurs de contenu et des distributeurs. Pourquoi pas une régulation plus forte de ce marché, forçant une cission, et l'ouverture du contenu à de multiple distributeurs, avec des modes de rémunération forfaitaires pour les fournisseurs de contenu ? Cela pourra stimuler la competition dans ce secteur, et ainsi réduire le prix actuel des produits de ce marché.
Des choses similaires se sont produites dans d'autres marchés, les télécoms par exemple. Aux Etats-Unis, l'Etat avait forcé une cission entre les fournisseurs d'accès (SBC, Verizon, BellSouth, ...) et les transporteurs longue distance (AT&T, Sprint, ...), le but étant de stimuler la competition et diminuer le prix final du service. C'est également un marché ou les fournisseurs d'accès sont obligés d'accepter de vendre leur "contenu" (la paire téléphonique) à des concurrents. Plus connu sous le nom de dégroupement, ça à permis par exemple en France une forte diminution du cout de l'ADSL avec une augmentation du service offert (maintenant 8Mbps au lieu des 512Kbps historiques).

00:19 Écrit par citoyen | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

pas exactement un monopole... ...mais un oligopole (plusieurs acteurs controlent le marché)
On s'aperçoit que ça devient le mode d'"équilibre" des systèmes capitalistes dits concurrentiels. Le marché du disque est en effet tenu par quelques majors.

L'exemple que tu cites des opérateurs télécoms américains est aussi éloquent.
Alors que l'État avait coupé une grosse entreprise monopolistique en plus petites pour créer de la concurrence, ces petites entreprises, avec le temps, ont commencé à se racheter les unes les autres, au point d'atteindre le même genre de situation: l'oligopole.
La concurrence est un mythe, ce n'est pas un système stable, surtout quand la dérégulation règne. Au bout d'un moment certains grossissent, d'autres pas. Et les plus gros mangent les plus petits.

Ce à quoi on assiste dans le cas du disque, c'est une mutation causée par l'évolution technologique. Les majors du disque se révèlent incapables de s'adapter à ce changement et se replient sur un modèle du passé, tentant de conserver leurs profits, et accessoirement, leur raison d'être.
L'autre grande escroquerie à mon avis, c'est qu'il puisse y avoir un "marché" pour des biens culturels. Que ça devienne un bien de consommation. c'est ça le plus dérangeant.

Écrit par : candido | 12/02/2005

mmm... "La concurrence est un mythe", je n'en suis pas sur. Sur certains marchés, la concurrence est toujours en place et toujours "efficace". L'automobile, la nourriture, les accessoires informatiques, ... Mais beaucoup de ces marchés deviennent des marchés de commodités, ou seul les acteurs les plus grands peuvent survivre.

Je ne crois pas que le problème majeur de l'industrie du disque soit "cette mutation technologique". C'est plus un problème de piratage, qui grace à la technologie est devenu très trivial. Les majors ont suivi l'évolution technologique et proposent leur titres en ligne (en moyenne 1€ par chanson), et pour la vidéo ça arrive avec la TV sur DSL, Cable numérique et Satellite numérique.
Même si les biens culturels devraient être gratuit et accessible à tous, il faut quand même rémunérer les gens qui les produisent.

Écrit par : citoyen | 12/02/2005

okay mais C'est justement là le paradoxe. Les acteurs les plus grands - qui survivent, à un moment donné n'ont aucun avantage à se concurrencer. Ils s'occupent surtout de créer des énormes barrières à l'entrée sur le marché pour conserver l'oligopole.
C'est de loin plus présentable que le monopole, et plus rentable que la concurrence.

Ta réponse sur le piratage me laisse perplexe. En substance tu dis que ce n'est la faute à l'évolution technologique, mais au piratage, qui est rendu possible par l'évolution technologique.
Ça confirme ce que je dis. Les majors n'ont pas su s'adapter aux changements du numérique auquel elles ont elles-même contribué en imposant le CD, et ont laissé la porte ouverte au piratage. Les services en ligne sont apparus très tardivement (alors qu'on pouvait déjà télécharger de la musique gratuitement en 1999).

Le prix élevé sert surtout à rémunérer les gens qui distribuent, pas les gens qui créent, pour l'instant... (volontairement, je n'utilise pas le verbe produire).

Je suis aussi surpris que tu mordes à ce point dans l'argumentaire des majors, qui occultent obstinément le fait qu'elles ont acquis une logique purement industrielle, au détriment de la logique créative, et se focalisent sur des oeuvres de faible qualité à haute rentabilité immédiate au lieu de promouvoir une création artistitique forcément moins rentable.

Écrit par : candido | 12/02/2005

dis donc!!! lorsque je lis ta rubrique "d'où qui viennent "j'ai envie de te réclamer des royalties :-)
ça me fait plaisir de servir à quelque chose, avec mon "biesse" blog de grincheux...

Écrit par : Tony | 15/02/2005

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